L’ESG peut être un atténuateur de crises si toutes les parties prenantes jouent bien leur rôle, dans un esprit de progression

Les institutionnels, les sociétés de gestion, les émetteurs, les agences de notation, les autorités réglementaires sont les acteurs du process ESG. Chacun agit selon ses missions statutaires tout en contribuant à une démarche systémique de progression. L’objectif est clair : en appréhendant de mieux en mieux les risques extra-financiers d’aujourd’hui, il est possible de réduire le risque financier de demain, qui peut à son paroxysme se cristalliser en crise.

Les Institutions ont un rôle moteur dans la démarche ESG

L’exigence ESG formulée et mise en œuvre par les investisseurs institutionnels favorise la diffusion de l’esprit ESG dans les sociétés de gestion et les entreprises dans lesquelles les portefeuilles sont investis.

Pour être efficace, la démarche ESG de chaque Institution doit tenir compte des spécificités de celle-ci : cette démarche prend du temps, nécessite du pragmatisme, de la pédagogie et une grande continuité dans l’action. Les indicateurs retenus doivent être fiables et réellement signifiants, avec des moyens adaptés.

Ces spécificités de chaque Institution donnent lieu à la rédaction d’une Politique de Placement qui inclut les critères extra-financiers, permettant ainsi de les inclure dans les mandats auprès des sociétés de gestion. Le financement de l’économie réelle assuré par l’investissement de l’Institution est ainsi encadré d’un point de vue ESG en conformité avec les choix politiques effectués et validés en Conseil d’Administration.

Ainsi se déroule la chaîne du succès : la volonté permet de définir une politique qui sera mise en pratique, suivie et contrôlée.

Le cadre réglementaire crée des obligations mais il est aussi incitatif

L’article 173 de la Loi de transition énergétique et son décret d’application ont instauré des obligations d’information pour les investisseurs institutionnels sur leur gestion des risques liés au climat, et plus largement l’intégration de paramètres environnementaux et sociaux dans leur politique d’investissement.

Cette obligation de reporting, ajustée en fonction de la taille des institutions concernées, consiste, pour celles dont le bilan consolidé dépasse 500 millions€, à :

  • présenter la démarche générale de prise en compte des enjeux Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance (ESG)
  • fournir des informations sur la prise en compte des critères ESG dans la politique d’investissement
  • détailler les informations utilisées pour l’analyse : données financières ou extra financières, notations, analyses internes et externes du reporting des entreprises, rapports
  • décrire la méthodologie et les résultats de l’analyse des risques liés au climat.

L’Article 173 et son décret du 29 décembre 2015, s’inscrivent en matière Environnementale dans une logique volontariste, progressive, avec une exigence de transparence. Le décret est adapté aux différents types d’Institutions, c’est-à-dire concrètement praticable par celles-ci, de manière différenciée, en fonction de leur stade spécifique de développement sur ces sujets.

Au-delà des obligations qu’il induit, le cadre réglementaire favorise la réflexion sur le sujet ESG et contribue ainsi à la diffusion de ces valeurs, qui se concrétisent progressivement dans de bonnes pratiques.

Les agences de notation sont une source d’information utile, nécessaire mais qui ne doit pas être exclusive

Les agences de notation sont un fournisseur de données utiles en matière d’extra-financier comme elles le sont en matière financière, pour les sociétés de gestion. Leur rôle de lanceur d’alertes est précieux. Elles présentent cependant l’inconvénient de traiter un univers d’investissement qui est essentiellement celui des plus grandes entreprises, qui ont par nature plus de moyens pour constituer des équipes dédiées à la communication sur les problématiques de l’ESG. La question du coût /du prix de l’information en liaison avec les moyens à mettre en œuvre pour vérifier les réponses des émetteurs détermine leur business model et ses limites naturelles, quelles que soient leurs qualités. Les sociétés de gestion doivent donc avoir leurs propres moyens d’analyse extra-financière, utilisant les données des agences de notation avec un esprit constructif et critique, les complétant à chaque fois que nécessaire par exemple sur les espaces notamment qu’elles ne couvrent pas, pour aboutir à leur propre opinion ESG.

La pratique ESG d’EGAMO

EGAMO a été créée par un acteur mutualiste de référence à destination de l’ensemble des acteurs de l’économie sociale. Compte tenu de ses origines et de son positionnement, le développement durable et les critères ESG se situent au cœur des valeurs d’EGAMO.

EGAMO a signé la charte PRI de l’ONU en avril 2010 et à ce titre, s’est engagée à une progression dans le domaine ESG.

Dans le respect des PRI, EGAMO applique les démarches suivantes dans sa politique d’investissement :

  • intégration de l’investissement responsable à l’ensemble de ses encours gérés
  • application d’une démarche de progrès dans l’analyse ESG de ses investissements
  • engagement auprès des sociétés de gestion pour une meilleure prise en compte de l’ESG
  • communication auprès des clients et du public de la politique d’investissement responsable.

Les critères ESG sont pris en compte dans la gestion de 100% des encours.

Les poches en titres vifs des mandats font l’objet de la prise en compte des critères ESG via l’analyse extra financière appliquée aux émetteurs, les poches investies en OPC font l’objet de l’application des critères ESG au niveau des sociétés de gestion.

Tous les émetteurs présents dans les portefeuilles obligataires en direct (à l’exception des émetteurs d’obligations convertibles) ont fait l’objet d’une fiche crédit, présentée lors des Comités Risques Emetteurs, intégrant à la suite de l’analyse financière, un compartiment extra-financier. Les notes extra-financières sont motivées et les évènements susceptibles de les affecter sont suivis.

Tous les émetteurs présents dans les portefeuilles d’obligations convertibles et d’actions en direct font l’objet d’un suivi extra-financier dans le cadre du Comité Responsable Obligation Convertible & Action.

Pour être référencées, les sociétés de gestion des OPC présents dans les portefeuilles gérés par EGAMO doivent répondre à un questionnaire ESG de due diligence. Cette approche nous permet de sensibiliser l’ensemble de nos prestataires aux valeurs ESG, et d’établir les bases d’un questionnement régulier, dans une optique pragmatique et de progrès, sans idées préconçues, mais dans le respect des préconisations ou directives données par nos clients.

Les institutionnels, en favorisant la mise en pratique des valeurs ESG dans leurs investissements, contribuent à réduire le risque extra-financier d’aujourd’hui qui peut devenir un risque financier demain.

Ce faisant, la rémunération étant fonction du risque sur les marchés financiers, ils contribuent ainsi qu’EGAMO à réduire le coût du capital nécessaire au financement de l’économie, à l’investissement et à la création d’emplois.

Achevé de rédiger le 24 juillet 2017

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Il est rappelé que les éventuelles performances citées ont trait aux années écoulées et que les performances passées ne sont pas un indicateur fiable des performances futures.