EGAMO a organisé le 26 janvier dernier une conférence financière à destination des mutuelles et de l’ensemble des investisseurs institutionnels issus du monde de l’économie sociale. Pour cette première conférence de l’année, EGAMO a choisi de développer deux thématiques importantes pour les investisseurs institutionnels en 2011 : l’impact de la réforme Solvabilité II sur leur gestion financière et l’actualité sur la dette souveraine de la zone euro.

L’impact de Solvabilité II sur la gestion financière des mutuelles de Livre II :

EGAMO a diligenté une étude auprès de 32 mutuelles de Livre II afin d’évaluer les implications de Solvabilité II sur leur gestion financière. L’étude a été conduite par le cabinet de conseil Image&Finance. Richard Bruyère, Président d’Image & Finance a présenté les résultats de l’étude lors de la conférence. Les principales conclusions sont les suivantes :

  • La participation élevée des mutuelles aux tests d’impact (QIS 5) traduit une réelle prise de conscience de l’inéluctabilité de la réforme Solvabilité II
  • Les coûts engendrés par la réforme ont conduit les petites et moyennes mutuelles à fusionner ou à se regrouper.
  • Les mutuelles présentent cependant des atouts certains par rapport aux sociétés d’assurance commerciales face à Solvabilité II.
  • Une gouvernance permettant un contrôle des risques efficace et un pilotage stratégique de l’allocation d’actifs conforme aux contraintes réglementaires constitue à présent une priorité pour les mutuelles. Cette gouvernance se matérialise généralement par la création d’un Comité de Placements (ou Commission Financière) regroupant des élus d’une mutuelle (mais aussi parfois des personnalités extérieures) chargé de faire le point sur le portefeuille (allocation stratégique validée par le Conseil d’administration) et visant la séparation des rôles, premier pas vers un contrôle interne efficace.
  • Le reporting et de manière plus globale la communication financière est au cœur des exigences des mutuelles (transparence et qualité du reporting des fonds ouverts). Pour les mutuelles, le reporting doit également aider à une meilleure appréhension des risques ; il ne doit pas être seulement financier, mais aussi comptable et surtout aider à la « « transparisation » des portefeuilles, acte essentiel pour une connaissance fine de ses risques.
  • Le rôle du Directeur Financier des petites et moyennes mutuelles est amené à évoluer vers un rôle impliquant une plus grande supervision des portefeuilles et moins de gestion directe ou d’achat de fonds ouverts au profit des mandats ; le pilotage de l’allocation d’actifs restera sa prérogative essentielle ainsi que la surveillance des mandats de gestion.
  • Solvabilité II devrait conduire à un renforcement des relations avec les sociétés de gestion pour les mutuelles encore partiellement intermédiées et à favoriser les mandats de gestion au détriment de la gestion interne et des fonds ouverts. 64% des mutuelles de taille moyenne envisagent ainsi une délégation de gestion avec un renforcement des relations avec les sociétés de gestion pour les mutuelles encore partiellement intermédiées. Elles sont notamment sensibles aux partenaires proposant une offre complète et un accompagnement sur l’ensemble des problématiques financières.
  • Si les mutuelles de grande taille possèdent généralement les moyens humains et techniques en interne pour répondre au degré de sophistication de Solvabilité II, leurs attentes se renforcent en termes de transparence et de qualité du reporting des fonds ouverts.

Cette étude conforte EGAMO dans sa démarche. Si la gestion financière est bien le métier d’EGAMO, une bonne compréhension des enjeux et de l’ensemble des contraintes réglementaires est nécessaire pour apporter aux mutuelles l’accompagnement le plus complet possible.

La dette souveraine de la zone euro

Suite à l’intervention sur Solvabilité II, Philippe Mills, Directeur Général de l’Agence France Trésor et Président du Comité de l’UE sur les marchés de taux (Comité regroupant les agences du trésor de l’UE) a procédé à une analyse de l’actualité sur la dette souveraine de la zone euro.

Cette classe d’actifs est particulièrement importante pour les investisseurs institutionnels et constitue généralement le cœur de leur portefeuille. Philippe Mills a présenté les récentes réformes proposées au sein de l’UE pour une meilleure surveillance budgétaire et macroéconomique des états avec la mise en place d’un système de sanctions plus efficace ainsi que le fonctionnement du nouveau FESF (Fonds Européen de Stabilité Financière) et MES (Mécanisme Européen de Stabilité Financière). Il a pu exprimer la vision de l’AFT sur l’actualité très tourmentée de ces derniers temps.

Malgré les turbulences auxquelles est soumise cette classe d’actifs aujourd’hui, il ressort que les obligations d’état ont des notations plus stables que les obligations corporate et sont également bien plus résistantes (moyenne des défauts des obligations d’états à horizon d’un an sur les 35 dernières années bien inférieure à celle des obligations corporate).

EGAMO a complété cette intervention en présentant son process de gestion taux. En effet, compte tenu de l’importance de cette classe d’actifs dans les portefeuilles de ses clients, EGAMO possède une équipe de gestion obligataire dédiée, pour l’achat d’obligations d’état et crédit en direct (de notations « Investment Grade » supérieures à BBB). EGAMO procède à une analyse des émetteurs afin de leur attribuer une note interne. Un Comité regroupant la Gestion et le Contrôle des Risques (Comité Risque Emetteur) valide ensuite les émetteurs autorisés avec des limites par portefeuille.

Les investisseurs et journalistes présents ont pu échanger avec les intervenants à la fin de la conférence qui s’est terminée par un cocktail déjeunatoire dans les locaux de la MGEN.